L’adolescence est une étape charnière de la vie, marquée par d’importants changements corporels et physiologiques. Elle constitue également une période de grande vulnérabilité pour les jeunes en matière de santé sexuelle et reproductive. À cet âge, les adolescents développent une curiosité naturelle et légitime autour de leur sexualité. Pourtant, ils évoluent souvent dans des contextes où ce sujet reste tabou. Ce silence favorise la circulation de fausses informations et accentue la vulnérabilité de milliers de jeunes.
En République démocratique du Congo, les jeunes âgés de 10 à 24 ans représentent environ 32 % de la population. Le pays fait également face à un nombre élevé de grossesses précoces : près de 24,5 % des filles âgées de 15 à 19 ans ont déjà eu des rapports sexuels, selon UNFPA.
Cette situation préoccupante s’explique notamment par un début précoce de l’activité sexuelle, le manque d’éducation à la sexualité et l’accès limité aux méthodes contraceptives occasionnant des conséquences multiples comme l’abandon scolaire, les mariages précoces, les infections sexuellement transmissibles et les complications obstétricales. La santé sexuelle et reproductive se présente désormais comme un véritable enjeu de santé publique, compromettant l’avenir de nombreux adolescents.
Face à ce constat amer, YARH-DRC avec l’appui de IPAS, a mis en œuvre un projet d’amélioration des voies d’accès aux soins de santé sexuelle et reproductive en impliquant 10 écoles secondaires de la ville de Goma, avec pour objectif d’offrir aux adolescents et jeunes élèves un accès à des informations fiables et adaptées sur l’éducation complète à la sexualité, afin de leur permettre de faire des choix responsables et de construire un avenir plus sûr.
Dans une première phase, 20 enseignants d’éducation à la vie issus des écoles partenaires ont été formés sur les questions de santé sexuelle et reproductive des adolescents et jeunes. Ensemble, nous avons identifié les principaux défis rencontrés par les élèves, analysé leur impact sur leur vie et proposé des pistes de solutions concrètes pour améliorer l’accompagnement des jeunes.
Des jeunes élèves au cœur de la sensibilisation
Il est reconnu que ce qui est fait au nom des jeunes sans leur participation va à l’encontre de leurs intérêts. Pour ne pas tomber dans un paradigme d’exclusion, nous avons fait le choix de mettre les élèves au cœur même de la sensibilisation. Des clubs scolaires ont été créés dans chaque école concernée, offrant aux jeunes un espace d’expression, d’apprentissage et d’engagement. Nous avons d’abord renforcé les capacités de ces jeunes sur l’éducation complète à la sexualité en abordant des thématiques telles que les violences basées sur le genre, l’hygiène menstruelle, le Protocole de Maputo, les droits à la santé et au bien-être, ainsi que les relations interpersonnelles et la communication. Nous avons ensuite responsabilisé ces clubs. Désormais, leurs membres mènent des dialogues entre pairs sur les droits à la santé sexuelle et reproductive, identifient des besoins urgents d’accès aux soins de santé et collaborent avec nos Mashujaa, des pairs-éducateurs formés par YARH pour un réseau de référencement sûr et confidentiel.

Nous sommes convaincus qu’informer les jeunes sur leurs droits à la santé sexuelle et reproductive en abordant l’éducation complète à la sexualité, c’est non seulement déconstruire les mythes et les tabous qui les entourent, mais également protéger leur avenir en leur facilitant l’accès à une information juste, afin qu’ils opèrent des choix sains et éclairés. Ensemble, construisons un avenir où chaque jeune peut s’épanouir en toute dignité et en toute sécurité.



