Chaque 19 juin, la communauté internationale commémore la Journée internationale pour l’élimination des violences sexuelles en temps de conflit. En République Démocratique du Congo, particulièrement dans l’Est du pays, cette journée résonne comme un rappel poignant des souffrances endurées par des milliers de femmes et de filles.
Depuis la reprise des hostilités armées en janvier dernier, marquée par l’occupation de Goma, Bukavu et de nombreuses localités du Nord et Sud-Kivu, les violences sexuelles ont atteint des proportions alarmantes. L’intensification des conflits a plongé la région dans une crise humanitaire sans précédent. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) rapporte plus de 67 000 cas de violences sexuelles entre janvier et avril 2025, soit une hausse de 38 % par rapport à l’année précédente. L’UNICEF alerte également sur la situation dramatique des enfants : ils représenteraient près de la moitié des 10 000 cas recensés au cours des deux premiers mois de l’année. En février, les rebelles du M23 ont forcé le retour précipité de milliers de déplacés internes vers leurs villages d’origine, des zones souvent encore instables ou récemment ravagées par les combats. Ces retours forcés ont accentué la vulnérabilité des populations civiles, en particulier des femmes et des filles.
Aux côtés d’autres acteurs humanitaires et partenaires, YARH s’est investi dans les camps de déplacés à travers des services gratuits de prise en charge des violences sexuelles et sexistes : sensibilisation, prévention, traitement des infections sexuellement transmissibles, avortement sécurisé et accompagnement psychosocial. Cependant, le retour forcé des populations déplacées dans des zones encore instables a bouleversé cet élan. Dans des communautés où la majorité des structures sanitaires ont été détruites ou pillées, les femmes se retrouvent sans accès aux soins de santé sexuelle et reproductive. Le manque criant de personnel de santé, l’insécurité persistante, la stigmatisation et la peur exposent les survivantes à de nouvelles formes de violences, sans possibilité de recours. Le sous-financement et les obstacles à l’aide humanitaire limitent gravement la continuité des services essentiels.
La journée du 19 Juin ne doit pas être perçue comme une simple date. C’est un cri de cœur lancé par toutes les femmes survivantes des violences sexuelles en temps de conflit, un appel à l’action pour la paix, la sécurité et la justice. Le viol laisse des blessures profondes — physiques, psychologiques et sociales. Il est temps que cela cesse.



